|

Les origines du château et les premiers seigneurs
La première mention écrite du château remonte à 1059. A cette époque il est difficile de connaître son aspect extérieur, néanmoins, il occupe le même site que le château actuel, à l’extrémité orientale de la ville sur un mamelon rocheux.
Il s’agit d’un site défensif naturel : le rocher sur lequel est bâti le château domine d'une quinzaine de mètres la vallée de la Seugne, il est protégé par son escarpement rocheux et à l'abri des crues de la rivière. Les premiers seigneurs : la famille de La Rochandry (1073 à 1329) Dès 1073 le château et la seigneurie de Jonzac appartiennent à la famille des La Roche ou de La Rochandry. Ils tiennent cette terre de l’abbé de Saint-Germain des Près, à titre de fief. Le seigneur de Jonzac est donc le vassal de l’abbé de Saint Germain des Près. La seigneurie de Jonzac est un fief ecclésiastique. Les premiers Sainte-Maure et le château dans la guerre de Cent ans « Devenus possesseurs de Jonzac par mariage, les Sainte Maure, originaires de Touraine jouèrent en Saintonge et à Paris, un rôle que l’importance de leur fief était bien loin de justifier. » Jonzac, un millénaire d’Histoire, 1973, p.39. La famille de Sainte-Maure prend possession de la seigneurie de Jonzac avec Pierre de Sainte-Maure en 1370, à un moment où la guerre de Cent ans fait rage et où notre région alterne entre l’occupation des Anglais et les reprises du Roi de France. L’engagement des premiers seigneurs de Sainte-Maure aux côtés du Roi de France est manifeste. Sur l’une des tours du châtelet*, on peut lire encore aujourd’hui la date de 1449. C’est le seul repère qui permette de dater la reconstruction du château. Le château primitif avait été détruit ou avait beaucoup souffert pendant la guerre de Cent ans, qui avait laissé exsangue toute la Saintonge. La châtellenie de Jonzac passe pour avoir été concédée durant cette période aux Anglais. La reconstruction d’une puissante forteresse ne peut avoir commencé qu’après le rétablissement de la paix dans notre région, c’est-à-dire à la fin des années 1440. Renaud de Sainte-Maure est rétabli par lettres du Roi Charles VII dans tous les biens de sa maison le 5 juillet 1451 ; tandis que le rétablissement des foires et marchés est effectif en 1473. La porte de ville ou « portail d’entrée du château » : ferme en réalité le « bourg » du château, composé de l’édifice lui-même, sa basse cour comportant pendant presque tout l’ancien régime la Halle et le Minage. Des remparts ont vraisemblablement existé au XIIe siècle, cependant ces vestiges sont aujourd’hui enserrés dans les maisons qui à partir du XVe siècle forment elles-mêmes rempart. Le château primitif occupait vraisemblablement l’emplacement de la façade actuelle du château et de l’aile donnant sur la rivière. Les bâtiments qui ont été reconstruits après la guerre de Cent ans sont composés du puissant châtelet* d’entrée et de la tour de l’ouest. *Le châtelet souvent appelé donjon, est composé d’un ouvrage en arc plein cintre, flanqué de deux tours rondes. Il porte encore les rainures pour la manœuvre de son pont-levis. Sur les tours, des consoles portent les galeries crénelées (chemin de ronde) Entre chaque console, les parapets portent un ornement trilobé. Sur les tours, on peut voir les différentes formes de meurtrières : meurtrières simples ou canonnières. Cette construction, chef d’œuvre de défense, permet par sa hauteur de dominer tout le pays, elle est néanmoins pourvue de décors. Le même style se rencontre à la fois en Bretagne et en Dordogne. Le sommet des tours est orné de puissantes gargouilles évoquant le registre de la meute : loup qui hurle, chien de garde, chien à corps d’homme.. Le châtelet est recouvert d’une puissante charpente qui a été couverte d’ardoises au XVIIe siècle et complétée d’une horloge. Au dessus de celle-ci, dans une lucarne de style gothique flamboyant, figurent les armoiries de seigneurs de Sainte-Maure : « d’argent à fasce de gueules » soutenues par deux anges et sommées d’un heaume à lambrequins. Ces armoiries sont protégées par deux sculptures de petits chiens. Les Sainte-Maure ont ainsi voulu laisser leur empreinte dans la pierre du château. A l’arrière, une tour polygonale d’escalier conduit au chemin de ronde et commande l’édifice. |